L'Iran affirme que des frappes ont visé un groupe d'opposition kurde soutenu par la CIA
Veille Stratégique
L'Iran a annoncé le 5 mars avoir lancé des frappes préventives contre les forces kurdes dans la région du Kurdistan irakien afin de les empêcher de lancer une offensive sur son territoire.Dans un communiqué, le ministère du Renseignement de la République islamique a déclaré que les frappes visaient des positions de "groupes séparatistes" qui comptaient entrer par les frontières occidentales, ajoutant qu'ils avaient subi de lourdes pertes.
Le communiqué du ministère, diffusé par les médias d'État, indiquait que les forces iraniennes coopéraient avec les "nobles Kurdes" pour contrecarrer le plan "israélo-américain" d'attaquer le sol iranien.
"Nous avons ciblé le quartier général de groupes kurdes opposés à la révolution au Kurdistan irakien avec trois missiles", a indiqué l'agence de presse officielle iranienne IRNA sur Telegram, citant une déclaration distincte de l'armée.
De son côté, Ali Larijani, secrétaire du Conseil suprême de sécurité nationale iranien, a averti que "les groupes séparatistes ne doivent pas croire qu'un vent favorable souffle et tenter de passer à l'action", soulignant que la République islamique "ne les tolérera d'aucune manière".
L'annonce iranienne est intervenue au lendemain de la publication de plusieurs articles, notamment sur Fox News et le Jerusalem Post, affirmant que les forces de l'opposition kurde iranienne avaient lancé une opération militaire transfrontalière en République islamique. Les médias iraniens ont rapidement démenti ces informations et, hormis les frappes iraniennes régulières contre ces forces dans la région du Kurdistan irakien, aucun signe d'opérations militaires n'a été constaté.
Un autre rapport publié le même jour par l'Associated Press indiquait que les forces kurdes se préparaient à une éventuelle opération militaire transfrontalière et que les États-Unis avaient demandé aux Kurdes irakiens de les soutenir.
Un précédent reportage de CNN révélait même que la CIA (Agence centrale de renseignement des États-Unis) était impliquée et que ce plan visait à accroître la pression sur l'Iran, actuellement attaqué à la fois par les États-Unis et Israël. Une personne au fait des discussions a indiqué à la chaîne que l'idée serait que des groupes armés kurdes affrontent les forces de sécurité iraniennes et les neutralisent afin de faciliter les manifestations des Iraniens non armés dans les grandes villes. Un autre responsable américain a déclaré que les Kurdes pourraient semer le chaos dans la région et affaiblir les ressources militaires iraniennes. D'autres hypothèses suggèrent que les Kurdes s'emparent de territoires dans le nord de l'Iran et les contrôlent, créant ainsi une zone tampon pour Israël.
Malgré tous ces récents rapports, le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien, Nechirvan Barzani, a déclaré le 5 mars que la région resterait neutre dans les conflits régionaux en cours, s'engageant à servir de "facteur de paix". Lors d'un entretien téléphonique avec le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, Barzani a souligné que la région du Kurdistan "ne participera pas aux conflits" et "continuera d'être un facteur de paix", soutenant activement les initiatives diplomatiques visant à réduire les tensions et à protéger les populations régionales de la menace de guerre. Le dirigeant kurde a également présenté ses condoléances à l'Iran suite aux pertes humaines causées par les frappes américano-israéliennes en cours, réaffirmant l'engagement de son gouvernement à maintenir et à renforcer les relations amicales avec Téhéran malgré la complexité de la situation régionale.
Cette position n'avait rien de surprenant, car toute attaque contre l'Iran, même soutenue par les États-Unis, représenterait un risque majeur pour les Kurdes, tant en République islamique qu'en Irak. Les groupes d'opposition kurdes iraniens sont profondément divisés, avec des idéologies divergentes et des objectifs concurrents. Le rapport de force penche largement en faveur de l'Iran, dont les forces terrestres régulières et de réserve se chiffreraient en millions d'hommes. À cela s'ajoute le fait qu'une telle initiative pourrait provoquer une réaction de la Turquie.
Néanmoins, les États-Unis pourraient faire pression sur les forces kurdes pour les entraîner dans une telle aventure, dans l'espoir de déclencher au moins une guerre civile au sein de la République islamique.Source :
https://southfront.press/iran-says-strikes-hit-cia-backed-kurdish-opposition-group-iraqs-kurdistan-declares-neutrality-videos/Traduction : Veille Stratégique
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