****La Russie peut désormais mener des frappes hypersoniques conventionnelles sur le territoire américain****
Veille Stratégique
Suite à sa mise en service en décembre 2025, de nombreuses évaluations ont été publiées en Occident concernant les capacités du missile balistique russe Oreshnik, le premier missile à portée intermédiaire déployé en Europe depuis les années 1980.Ce missile a été testé au combat à deux reprises sur le théâtre ukrainien : une première fois fin 2024, lors de l’annonce de son développement, et une seconde fois le 8 janvier, lors d’une importante démonstration de force visant des cibles dans la région de Lviv, près de la frontière occidentale de l’Ukraine. De récentes évaluations occidentales indiquent que le missile aurait une portée d’environ 5 500 kilomètres, contrairement aux estimations précédentes qui l’estimaient à environ 4 000 kilomètres. Cette évolution a des implications stratégiques majeures dans le contexte des tensions militaires actuelles entre la Russie et l’OTAN. Convoi de véhicules d'un système de missiles Oreshnik en Biélorussie
Avec une telle portée, le missile Oreshnik peut donc frapper des cibles à Washington D.C., Chicago et d'autres grandes villes des États-Unis s'il est lancé depuis les régions arctiques russes, de plus en plus militarisées , contribuant ainsi potentiellement à la dissuasion stratégique face aux États-Unis. Cette portée confère à la Russie sa première capacité de frappe conventionnelle contre des cibles situées sur le territoire américain, car l'Oreshnik peut emporter des ogives conventionnelles, contrairement aux missiles balistiques intercontinentaux qui ne sont équipés que d'ogives nucléaires stratégiques. Alors que les États-Unis avaient initialement prévu d'acquérir une capacité de frappe de missiles balistiques conventionnels contre des cibles en Russie dans le cadre du programme Prompt Global Strike, le programme Oreshnik a concrétisé cette capacité des années avant le programme américain.
Les forces armées russes ne disposaient auparavant que d'options très limitées pour lancer des frappes tactiques non nucléaires sur le territoire américain, principalement par le biais de missiles de croisière tirés depuis des sous-marins d'attaque nucléaires tels que les Yasen-M et des bombardiers intercontinentaux comme les Tu-95MSM et Tu-160M. Ces missiles subsoniques sont relativement faciles à intercepter, tandis que le missile de croisière hypersonique Zircon, intégré pour la première fois sur des sous-marins opérationnels en 2025, est mieux adapté à l'engagement de navires qu'à celui de cibles terrestres. Chaque missile balistique Oreshnik embarque six planeurs hypersoniques capables de manœuvrer et de modifier leur trajectoire en vol, ce qui, combiné à leur vitesse extrême, les rend extrêmement difficiles à intercepter.
Le déploiement d'un missile capable de lancer des frappes hypersoniques non nucléaires sur jusqu'à six cibles sur le territoire américain constitue un développement majeur pour l'équilibre stratégique des pouvoirs entre les deux pays et accroît la vulnérabilité mutuelle, compensant ainsi le renforcement significatif des capacités militaires américaines aux frontières russes. Parmi les cibles potentielles figurent des bases aériennes abritant des avions de grande valeur, comme la base aérienne de Whiteman dans le Missouri, où sont basés les bombardiers stratégiques B-2, et d'importantes installations de production d'armement, telles que la chaîne de production du F-35 à Fort Worth, au Texas. La possibilité que la Russie fournisse le missile Oreshnik à d'autres clients a déjà été évoquée par des parlementaires, et il demeure probable que des investissements supplémentaires soient réalisés pour développer des moyens capables de mener des frappes tactiques contre des cibles sur le territoire américain.Source :
https://militarywatchmagazine.com/article/russia-first-ground-missile-conventional-hypersonic-ushttps://www.patreon.com/posts/la-russie-peut-148110914